droits de douane trump sur la chine liste complète 145 pour cent

Mis à jour : 17 avril 2026 · 8 min · Gratuit

Comment les droits de 145% sur la Chine ont-ils été construits ?

Le taux de 145% appliqué par les États-Unis sur la quasi-totalité des importations chinoises en 2025-2026 est le résultat d'une accumulation progressive de mesures tarifaires sur plusieurs années, accélérée par l'escalade d'avril 2025. Comprendre comment ce taux a été atteint est essentiel pour anticiper ses évolutions.

La première couche tarifaire provient du premier mandat Trump (2018-2019) : des droits Section 301 de 7,5% à 25% ont été imposés sur environ 370 milliards de dollars de produits chinois, répartis en quatre "listes" (List 1 à List 4). Ces droits n'ont jamais été totalement supprimés, même sous l'administration Biden qui les a maintenus dans leur quasi-intégralité.

La deuxième couche a été ajoutée en février 2025 : un supplément de 20% lié à l'accusation que la Chine ne ferait pas suffisamment pour enrayer le trafic de fentanyl vers les États-Unis. Ce taux s'est appliqué en sus des droits Section 301 existants.

La troisième et plus massive couche est intervenue en avril 2025, dans le cadre de l'annonce des "droits réciproques" : Trump a d'abord annoncé un taux de 34% supplémentaire sur la Chine, puis, face aux contre-mesures de Pékin (34% sur les produits américains), a escaladé à 50%, puis 84%, puis 104%, et finalement 125% de droits supplémentaires. L'addition de toutes ces couches aboutit à un taux effectif d'environ 145% sur la plupart des produits. La Chine a riposté avec 125% sur les importations américaines, créant une situation de quasi-embargo commercial mutuel.

Liste des principaux secteurs et taux appliqués

La structure tarifaire est complexe car les différentes "listes" Section 301 couvrent des codes HTS (Harmonized Tariff Schedule) différents avec des taux de base différents. Voici les grandes catégories avec les taux effectifs approximatifs en vigueur en avril 2026 :

Secteur / Produit Taux effectif approximatif Entreprises françaises exposées Impact estimé
Électronique grand public (smartphones, PC)~145% (exemption partielle)Inflation prix consommateurs US
Semi-conducteurs, composants électroniques~145%STMicroelectronics, SoitecHausse des coûts de production
Automobile et pièces détachées~145% + 25% (acier)Stellantis, Michelin, Plastic OmniumPerturbation chaînes d'approvisionnement
Matières premières industrielles (acier, alu)~170% (145% + 25%)ArcelorMittalRéorientation des flux commerciaux
Produits de luxe (habillement, maroquinerie)~145%LVMH, Kering, Hermès (via filiales asie)Hausse prix consommateurs US si fabriqué en Chine
Équipements industriels, machines~145%Schneider Electric, LegrandHausse coûts pour clients américains
Chimie et plastiques~145%Arkema, TotalEnergies ChimieRéorientation flux d'importation
Médicaments / principes actifs~20% (exemption Section 301)Sanofi, IpsenLimité — exemptions maintenues

Impact sur les entreprises françaises exposées à la Chine

Pour les grandes entreprises françaises, l'impact des tarifs Chine-USA prend plusieurs formes. La plus directe concerne celles qui ont des filiales de production en Chine exportant vers les États-Unis : elles subissent les 145% sur leurs propres expéditions inter-groupe. C'est le cas de nombreuses entreprises industrielles qui avaient délocalisé leur production en Chine dans les années 2000 pour profiter des coûts compétitifs.

STMicroelectronics est parmi les plus exposées. La société fabrique des semi-conducteurs dans plusieurs usines en Asie, dont certaines en Chine. Ses clients américains (Tesla, Apple pour certains composants) subissent des coûts plus élevés qui se répercutent sur les commandes. Depuis début 2025, STM a annoncé des révisions à la baisse de ses prévisions de revenus, en partie attribuées aux perturbations tarifaires.

Michelin fabrique des pneus dans plusieurs usines chinoises pour des marchés mondiaux, dont les États-Unis. Les droits de douane créent une désincitation à utiliser la capacité chinoise pour les livraisons américaines, ce qui pousse l'entreprise à réorienter sa production vers ses usines américaines (elle en possède plusieurs aux États-Unis) ou vers d'autres pays asiatiques comme le Vietnam.

Schneider Electric et Legrand fournissent des équipements électriques et d'infrastructure aux entreprises américaines. Leurs produits intègrent souvent des composants fabriqués en Chine. Les droits de douane augmentent leur structure de coûts, qu'ils doivent choisir d'absorber (impact sur marges) ou de répercuter sur les clients (impact sur la compétitivité).

Opportunités et stratégies d'adaptation pour les exportateurs français

Face à ces droits, les entreprises françaises qui opèrent en Chine ou qui se fournissent en Chine ont plusieurs options stratégiques. La plus efficace à long terme est la diversification géographique de la production. Le Vietnam, l'Inde, la Malaisie et le Mexique sont les principales alternatives, avec des taux tarifaires bien inférieurs (entre 10% et 46% selon le pays et le secteur). Plusieurs grandes entreprises françaises ont déjà initié ce mouvement.

Une deuxième approche est l'optimisation des règles d'origine. Un produit qui subit une transformation "substantielle" dans un pays tiers peut bénéficier du taux tarifaire de ce pays plutôt que de celui de la Chine. Cette stratégie requiert une expertise douanière spécialisée mais peut être très efficace pour certaines catégories de produits.

Enfin, certaines entreprises choisissent de repositionner leurs priorités géographiques : réduire leur exposition au marché américain et accélérer leur développement en Europe, en Inde, en Afrique ou en Amérique du Sud. Cette stratégie de long terme est moins exposée aux aléas de la politique commerciale américaine.

Perspectives : vers une désescalade ou une aggravation ?

L'évolution des droits de douane Chine-USA est l'un des facteurs les plus surveillés par les marchés financiers en 2026. Les scénarios possibles sont nombreux et les probabilités évoluent rapidement avec chaque publication de Trump ou réaction de Pékin.

Le scénario de désescalade négociée reste plausible mais difficile : les deux parties ont des intérêts à un accord, mais les demandes structurelles américaines (accès au marché chinois, protection de la propriété intellectuelle, réduction des surcapacités industrielles) sont difficiles à satisfaire rapidement pour Pékin. Une trêve sectorielle partielle (semiconducteurs, agriculture) est plus probable qu'un accord global à court terme.

Le scénario de statu quo avec exemptions sectorielles est celui qui prévaut actuellement. Les 145% restent en place pour la majorité des produits, mais des exemptions sont accordées au cas par cas pour les secteurs où la dépendance américaine aux imports chinois est jugée critique. Ce scénario crée une incertitude permanente que les marchés privent d'une toute valorisation stable.

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Questions fréquentes

Comment le taux de 145% sur la Chine a-t-il été atteint ?

Le taux de 145% est le résultat de l'accumulation de plusieurs couches tarifaires : les 25% des Section 301, un supplément de 20% lié au fentanyl, puis une escalade massive en avril 2025 en réponse aux contre-mesures chinoises.

Y a-t-il des produits chinois exemptés des 145% ?

Oui : smartphones et ordinateurs portables (exemption temporaire), médicaments et principes actifs pharmaceutiques essentiels, et certains équipements industriels sans équivalent américain. Ces exemptions peuvent être modifiées à tout moment.

Les entreprises françaises qui fabriquent en Chine pour exporter aux États-Unis sont-elles touchées ?

Oui, directement. Les droits de 145% s'appliquent sur la valeur des marchandises à l'entrée sur le territoire américain, quelle que soit la nationalité de l'entreprise propriétaire.

Comment les entreprises françaises peuvent-elles réduire leur exposition ?

Plusieurs stratégies : délocalisation vers Vietnam, Mexique ou Inde ; optimisation des règles d'origine ; réduction de la part du marché américain au profit d'autres marchés.

Michelin est-elle exposée aux droits de douane Chine-USA ?

Oui, Michelin a plusieurs usines en Chine et vend des pneus aux États-Unis. Les droits de douane créent un double effet sur ses coûts et sa structure de production.

Hermès et les marques de luxe françaises peuvent-elles être touchées par les représailles chinoises ?

La Chine a jusqu'à présent évité de cibler les produits de luxe européens. Mais une escalade majeure pourrait conduire à des droits punitifs sur le luxe, ce qui serait très dommageable pour LVMH, Hermès et Kering.

Les droits de douane à 145% peuvent-ils être supprimés rapidement ?

Techniquement oui, par décret exécutif. Mais politiquement, une désescalade rapide semble peu probable. Des négociations sont en cours mais un accord global prendrait probablement plusieurs années.

Comment suivre en temps réel les changements des tarifs américains sur la Chine ?

TrumpBot envoie des alertes Telegram instantanées lors de toute annonce tarifaire. Le site de l'USTR et le Federal Register publient les textes officiels avec leurs annexes techniques.